Réflexions sur une année de vinyle / Reflexions on a year of vinyl

La petite histoire, si vous ne le saviez pas, est que j’étais supposé ouvrir une bibliothèque de culture indépendante alternative chez Madamedgar, la boutique de vinyle qui était alors sur la rue St-Hubert. J’y ai travaillé un petit mois avant qu’ils ferment leurs portes et donc que mon projet se retrouve orphelin d’espace. Comme je connaissais déjà les jouets designer pour en avoir collectionné un peu quand j’étais en Asie, je me suis dit que je pourrais toujours ouvrir ma propre boutique et, après un certain temps, y lancer la bibliothèque. Après des mois d’hésitations et de recherche du lieu idéal, camiondepompier voyait le jour le 11 août 2007 au 317 Ontario E., #1, dans un ancien centre de massage érotique.

Les débuts furent ardus, oui, ennuyeux, surtout. Un peu caché dans un deuxième étage, les visiteurs se faisaient plutôt rares et je passais une bonne partie de mes journées à regarder des films sur mon iBook surtaxé. Vinrent quelques licenses attendues, particulièrement celle de Kidrobot, et une clientèle semi-régulière se développa aussi malgré un blackout médiatique et promotionnel. Les clients emballaient leurs items dans des sacs d’épicerie et devaient aller retirer de l’argent au guichet du coin. Ou alors ils me trouvaient effondré sur le futon, terrassé par la migraine.

Vint quand même un premier événement custom coorganisé avec Frenchie qui attira bien plus de gens que je l’eus cru et une panoplie de superbes pièces. N’empêche, l’hiver arrivait et le porte-feuille étant de plus en plus serré, l’offre de mon voisin et partenaire de breaks, le propriétaire du Marché Clandestin, se faisait de plus en plus tentante: de partager son local et donc clientèle, staff et frais. En décembre, l’accord était conclus et une journée après mon anniversaire, le 17 décembre, le déménagement effectué.

Vous connaissez le reste: quelques expos et événements, malheureusement jamais aussi courus que le premier (Frenchie, quel est ton truc!), un inventaire toujours grandissant, une newsletter, les taxes, le Japon et vous (merci). Cette année? Un panneau, un site, d’autres expos… et un bébé!

Tenir une boutique, ça peut être extrêmement frustrant: pire salaire à vie (et j’ai passé les journaux quand j’avais 9 ans!), bordel des réglementations et taxes, clients qui semblent me prendre pour un riche escroc, sentiment d’impuissance et de qu’est-ce-que-je-fais-de-pas-correct-nom-de-dieu… Mais évidemment, c’est aussi extrêmement gratifiant: clients intéressants, cultivés et respectueux, être entouré de belles choses, être son propre boss… Vais-je faire ça toute ma vie? Je ne sais pas. Mais en attendant, vous me trouverez à la boutique du mardi au samedi de midi à 19h – et j’y serai aujourd’hui aussi! C’est mon premier anniversaire après tout.

Un grand merci à tous ceux qui ont visité. Un merci spécial à ceux qui ont visité et acheté. Et une cerise des mercis pour ceux qui le font régulièrement. Je ne veux pas être crasse, mais c’est grâce à vous si je suis encore là. Pour empêcher vos magasins indépendants favoris (les miens sont Headquarters, Fichtre!, Drawn & Quarterly, Morgan Bridge…) de fermer, il n’y a qu’une façon: achetez d’eux. Oh, et dites-le à vos amis!

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I was actually supposed to open a library specialized in independent alternative culture at Madamedgar, the vinyl toy store that was on St-Hubert street, not to launch my own toy joint. But the way things turned out, I worked there for a short month before they closed, and my project became homeless. As I already knew designer toys from my time in Asia, I thought I could open my own store and, after a while, share its space with the library. Months of internal debate and fruitless search for the ideal location followed, and camiondepompier was born on August 11, 2007, at 317 Ontario E. #1, in an old erotic massage parlor.

The beginnings were harsh, yes, boring, mostly. Slightly hidden on a second floor, visitors were scarce and I spent a good portion of my days watchng movies on my overworked iBook. Then came a few awaited licenses, especially Kidrobot’s, and semi-reguliar customers started dropping by, this notwithstanding a total lack of promotion or media coverage. Clients left with their toys in grocery bags and had to take out money at the ATM next door. Or they found me sprawled on the futon, struck by migraine.

Coorganized with Frenchie, a first custom toy event came, bringing in a lot more people than I thought, and amazing works from the artists too. Still, winter was coming and my wallet was getting tighter and tighter, so I was tempted by my neighbor (and coffee break partner), the owner of Marché Clandestin, who had offered I share his space, staff, fees and customers. In December, we shook hands and a day after my birthday, on December 17, we moved.

You know the rest: a few exhibitions and events, sadly never as popular as the first (how did you do it Frenchie?), an inventory that kept growing, a newsletter, taxes, Japan, and you (thanks). This year? A sign, a site and more exhibitions… and a baby!

Running a store can be deeply frustrating: my worst salary ever (and I was a paperboy when I was 9!), hassle of municipal rules and taxes, clients who seem to think I’m a rich crook, that feeling of powerlessness and what-the-hell-am-I-doing-wrong… But mostly, it’s very gratifying: interesting, knowledgeable, respectful clients, being surrounded by nice things, be your own boss. Will I do this all my life? I don’t think so. But in the meantime, you’ll find me at the store from Tuesday to Saturday, noon to seven pm – and I’ll be there today as well! It is my first anniversary after all.

Thank you to those that visited. A special thanks to those who visited and bought. And thank you from the bottom of my heart to those who do it regularly. I don’t want to be crass, but it’s thank to you that I’m still here. If you don’t want your favorite indie stores (mine are Headquarters, Fichtre!, Drawn & Quarterly, Morgan Bridge…) to close down, there’s only one way: buy from them. Oh, and tell your friends!

Mes jouets favoris qui ont été à camiondepompier cette année:
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My favourite toys among those that were at camiondepompier this year:

Sentry – Doma
Petit Lapin – Mr. Clement
Danboard – Revoltech
Conehead – Germs
Pusher – Thomas Han
Buckinhgam Forest Qee – Gary Baseman
Companion – Kaws x Pushead
Kyle – Monster Factory
Super Jetel – Kaijin
Nanokin – Itokin Park
Vivisect – Amanda Visell
Kaniza – Julie West
Scavengers – Kathie Olivas
Get Small – David Choe
Invisible Plan – Mars-1
Dunny – Thomas Han, Ajee, Jon Burgerman
Qee – Jeff Soto, Aaron Horkey, Attaboy
Munny – Patrick Avive
Bud – Mélanie Baillairgé, Vandal, Meomi

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5 responses to “Réflexions sur une année de vinyle / Reflexions on a year of vinyl

  1. Bonne fête CAMIONDEPOMPIER ET BONNE ET LONGUE VIE!!!

    Et la seule critique qui me vient à l’esprit pour l’instant, c’est…

    WHERE ARE YOU PEOPLE!!!

  2. BRAVO À TOI DE CET EFFORT DE DISTRIBUTION DE MATÉRIEL ARTISTIQUE …ORIGINAL ET HORS NORME (OFF-MAINSTREAM) TROP COMMUN ET IKEA ME FAIT VOMIR…
    J’AI REMARQUÉ DE VOS OBJETS CHEZ *BRAKE-LESS* SUR L’AVENUE DU PARC… DES GARS SUPER SYMPATHIQUES QUI M’ONT DONNÉ VOTRE CARTE D’AFFAIRE …LE LIEN EST FAIT…MORE TO COME.. GOOD LUCK AND LOVE…!

  3. Ahh sérieux continuez le beau travail! Tu peux pas savoir le bonheur que j’ai eu quand j’ai su qu’il y avait une boutique comme la tienne pas très loin de chez moi (j’habite Québec, mais c’est mieux que d’aller virer à New York pour s’acheter des bébelles). Votre nom va se faire et j’suis certaine que ça va super bien aller.

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